Saint-Nicolas-de-Port, le lundi 7 juillet 2025

Quand l’enfance se fait violence : de l'urgence du rétablissement de l’autorité, de la transmission et du sens du commun

Le drame survenu dans la nuit du 29 juin dans l’avenue Jolain, où deux piétons ont été violemment agressés par un groupe de jeunes âgés de 14 à 17 ans, marque un nouveau franchissement d’un seuil alarmant.
Armés de poings américains, certains auteurs sont même récidivistes, se filment en train de frapper, mettent en scène leur brutalité sur les réseaux sociaux, et traînent un adulte accroché à leur véhicule sur plusieurs dizaines de mètres. Voilà où nous en sommes.

Cette agression gratuite, ultra-violente, motivée par le goût de l’humiliation et de la domination, ne tombe pas du ciel. Elle est le symptôme d’un effondrement éducatif, culturel et moral.

Nous assistons à l’émergence d’une jeunesse désaffiliée, déracinée, acculturée, livrée à elle-même dans un monde numérique sans repères, où la violence devient un jeu, où le respect n’est plus transmis, ni par les familles, ni par l’école.

Les professeurs n’ont plus l’autorité. Les parents n’ont plus les outils. Les institutions se taisent, tétanisées par un climat d’égalitarisme naïf où toute exigence de transmission est perçue comme autoritaire.

Pourtant, comme le rappelait Hannah Arendt : « Chaque génération est une nouvelle invasion de barbares à civiliser. » Quand on renonce à civiliser, on laisse la barbarie s’exprimer. Et elle s’exprime désormais au cœur de nos villes, dans des actes de violence ritualisés, spectaculaires, banalisés.

Nous appelons :

  • À un sursaut éducatif et culturel, recentré sur les notions d’autorité, de responsabilité et de respect des règles communes ;
  • À la responsabilisation pleine et entière des familles, premières garantes de la formation morale de leurs enfants ;
  • À un redressement de l’école, qui doit être un lieu de savoir, de cadre et de justice, pas un théâtre d’impuissance ;
  • À un message clair des institutions : la violence n’est pas une opinion, ce n’est pas une erreur de jeunesse, c’est une transgression grave et inacceptable.

Les faits de Saint-Nicolas-de-Port ne sont pas isolés. Ils illustrent un mal profond, qu’on ne résoudra pas par des mesurettes, mais par une refondation politique et morale. Car la non-violence est la première des transmissions. Et lorsqu’on ne transmet plus rien, on laisse la rue enseigner ses propres lois.

Il est temps d’arrêter de regarder ailleurs.

Ce n’est pas l’autorité qui blesse mais le vide que son absence laisse.

Emmanuel Renoud
Responsable 3e circonscription de la Meurthe-et-Moselle




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